Milton Erickson, sa vie

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L’hypnose Ericksonienne, celle employée en thérapie comme l’hypnose traditionnelle, vient de Milton Erickson (1901-1980). Dans cet article, je vous propose de mieux connaître ce psychiatre aussi thérapeute, extrêmement doué grâce à sa créativité, son gout du défi et son intuition. Le livre de Dominique Mégglé, Erickson, hypnose et psychothérapie que je recommande vivement, m’à inspiré cet article.

Milton Erickson, l’homme

Milton Erickson, formation hypnoseL’expérience ainsi que les observations du comportement humain par Milton, liées à ses nombreux handicaps (daltonien, dyslexique, sourd aux rythmes et atteint de polio), ont révolutionné la psychothérapie. En effet, pour lui, les mots sont comme des scalpels au service de la thérapie. Habilement maniés, les mots créent des choses superbes, mal maniés, ils blessent, et parfois profondément. Milton Erickson était donc un avant tout grand communiquant. Les travaux de Milton Erickson son principalement connus en France depuis 1984 avec la publication de la traduction du livre de Jay Haley, « Uncommon therapy » sous le titre : « Un thérapeute hors du commun ».
Erickson avait horreur des retours négatifs complaisants sur soi-même. Toute au long de sa vie, on retrouve sa facilité à tourner la page, ainsi que son amour des défis. En voyant son parcours original, on ne peut que constater que ce qu’il à traversé, et vécu est un mal pour un bien. Un mal pour un bien dans le sens pour aider les autres. Pourquoi ? Parce Erickson cherchera tout au long de sa vie, à comprendre et se faire comprendre aux autres, malgré ses handicaps. Il y parviendra notamment en synchronisant sa respiration sur celle des autres, pour suivre les rythmes des échanges verbaux, car Milton était daltonien, dyslexique, sourd aux rythmes et atteint de polio. Ses handicaps lui feront prendre conscience de sa différence avec les autres dès son plus jeune âge. Ses handicaps l’obligeront à observer et à s’interroger sur la relativité de notre perception de la réalité (tout en nous dépend de la façon forcément subjective, dont nous traitons l’information que nous recevons). Erickson passait des journées entières dans les dictionnaires. Il s’intéressait surtout aux multiples nuances sémantiques des mots, car il était américain et la langue anglaise est une langue plus polysémique que le français.

Les handicaps de Milton Erickson

Milton Erickson est né dyslexique, daltonien et sourd aux rythmes musical des échanges verbaux. Il compensera son handicap en développant un sens de l’observation aigu et en synchronisant sa respiration sur celle de ses interlocuteurs. L’hypnose reposant sur une collaboration thérapeute-sujet principalement inconsciente, l’accord respiratoire est un puissant moyen d’obtenir cette coopération originale, car l’esprit conscient ne s’en rend pas compte. Profitant habilement de la confusion causée par sa dyslexie, Erickson en tira profit, en faisant résonner au mieux les multiples facettes sémantiques des mots. C’est le début de ce que l’on appellera sa « communication indirecte multiniveau », permettant de dire plusieurs choses avec un seul mot. Par exemple : « ma muse »/ « m’amuse »). Cette communication lui permet de dire une chose pendant qu’en fait, il dirige invisiblement la pensée de l’interlocuteur sur autre chose. Milton était un magicien des mots.
A 17 ans, Milton contracte la poliomyélite. Il faut se remettre dans le contexte de l’époque où il n’y avait pas encore le vaccin DTP (diphtérie, tétanos et poliomyélite que l’on fait en général avant 18 mois). Il est voué selon les médecins à décéder dans la nuit même. Milton ne mourra pas mais sera dans le coma, pendant trois jours. Toute sa vie, il sera plus malade que ses propres malades, cependant il créera des stratégies thérapeutiques pour ses patients. Toute sa vie, il sera plein de tact, de discrétion et de gentillesse, aux antipodes de l’attitude méprisante, indifférente, ou grossière, de certains médecins. Sa vocation est, entre autre, née d’une révolte contre une certaine fatuité médicale, car les médecins qui avait indiqué à sa mère que son fils mourrait n’avaient pas son raffinement.

La découverte de l’hypnose

Formation hypnose Ericksonienne, institut coachplanetMilton sort de son coma au bout de 3 jours. Ses fonctions vitales sont préservées mais sa paralysie motrice est totale. Comme elles ne sont pas touchées par la maladie, les informations sensorielles lui parviennent. Il sent que ses membres ne répondent plus à sa volonté mais il ressent leur pesanteur, leur chaleur, des picotements et de la douleur quand il est laissé trop longtemps dans la même position. Il lui reste aussi des yeux pour voir, des oreilles pour entendre et surtout …. un cerveau génial pour réfléchir…
Chaque personne atteinte de polio ressent l’impatience de se réapproprier son corps, muscle par muscle, comme une personne accidentée. Une personne atteinte de poli a du temps pour observer ses moindres sensations. Son sens de l’observation est aiguisé. Le fait de vaincre la fatalité, donne aux personnes atteintes de polio, un grand appétit de vivre. Leur lit est leur « laboratoire d’expérimentation » sur eux-mêmes. Tout comme les personnes aveugles deviennent plus sensibles aux sons, les polios développent une sensibilité aux réactions humaines et les plus intelligents y prennent goût.
Tandis qu’il était placé dans un fauteuil à bascule placé devant sa fenêtre afin de pouvoir regarder le paysage, Milton réalisa qu’il existait un passage direct entre la représentation mentale et la motricité. L’image fugitive du geste de tourner la tête vers la fenêtre passa dans son esprit. Une simple représentation mentale du mouvement fit que sa chaise se mit à bouger légèrement… Cette découverte lui causa le même émoi que ressentit Newton quand il vit tomber la pomme de l’arbre. Il en conclu que l’image mentale d’un geste parvient à mobiliser des faisceaux musculaires, sans aucun effort de volonté.
Ce phénomène ne s’applique pas seulement à la motricité, mais aussi à la sensorialité. Par exemple, si on vous évoque votre plat ou dessert préférez, vous commencerez à saliver. Essayez un peu de ne pas saliver. C’est impossible. Erickson découvrit en autodidacte ce que, quelques dizaines d’années avant lui, les chercheurs français de l’école de Nancy avaient baptisé « phénomènes idéomoteurs et idéosensoriels », basés, selon eux, des manifestations hypnotiques. Mais à cette période l’hypnose n’intéressait pas Erickson qui ne connaissait rien de l’hypnose.

Le raid solitaire en canoé

Erickson, hypnose Myriam RoureUn à un, Erickson retrouve la mobilité de ses muscles. Il est déterminé à retrouver son autonomie et pour cela, il se fixe un défi : faire un raid en canoe. Il prévoit de partir avec un ami, mais ce dernier lui fait fond bon et Milton n’abandonnera pas, et partira seul. Si Milton ramait correctement, il n’avait par contre, pas assez de force pour tirer son canoë sur les rives. Il se débrouillait pour se faire aider. Il ne demandait jamais directement d’aide aux gens sur la rive, mais il manifestait un comportement tellement sympathique qu’on venait l’aider spontanément jusqu’à ce que ses jambes reprirent assez de vigueur pour qu’il puisse tirer seul son canoë. Pour se nourrir, soit il trouvait des services à rendre dans des fermes qui se trouvaient sur son passage, soit les gens qu’ils rencontrait lui donnait de la nourriture, car Milton, malgré sa maladie était partit à l’aventure, donc avec peu d’argent et de vivre.
Il était si curieux et si gai qu’il intriguait et dans la discussion, les gens se rendaient compte comme par hasard, qu’il n’avait rien à manger, et lui proposait tout naturellement. C’est ainsi que Milton exerça son talent pour la communication indirecte, aussi employée en hypnose. Bien remusclé, il rentre chez sa famille et suit des études supérieures de médecine à l’université du Wisconsin. Il ne gardera comme séquelle qu’une boiterie alors que ses qualités s’en trouvent démultipliées : sa ténacité, son sens de l’observation, sa concentration, son amour des défis vaincus, son utilisation positive de l’adversité, son humour, ainsi que son appétit de vivre. On peut dire que la polio lui forgea un style paradoxal de personnalité, faite à la fois d’un sens aigu de la précarité humaine, d’une conscience modeste, mais certain de sa force.

L’expérimentation de l’hypnose

Nous sommes dans les années vingt, aux Aux Etats-Unis. C’est une période où la curiosité pour les phénomènes psychiques est immense. Les recherches sur les comportements conditionnés se développent, les travaux sur l’hypnose de Liébault et Bernheim à Nancy ainsi que de Charcot, à la Salpêtrière, parviennent aux USA. Grâce à un professeur du nom de Hull, passionné d’hypnose, Erickson va comprendre l’ensemble de phénomènes qu’il a vécu en autodidacte depuis son enfance : hallucinations hypnotiques, processus idéomoteurs, autohypnose, et les étudier. Erickson comprend que l’hypnose traduit une activation des ressources inconscientes et favorise des intuitions libératrices. Cette activation se produit dans un certain état de focalisation, sans effort de l’attention pendant lequel l’esprit conscient relâche son contrôle. Milton comprend que l’hypnose est un phénomène naturel de la vie quotidienne et que l’expérience hypnotique est très personnelle, qu’elle varie d’un sujet à l’autre, et chez le même sujet, l’hypnose varie d’un instant à l’autre, en fonction de ses besoins, de ses attentes et de ses motivations du moment où de l’époque de sa vie dans laquelle il se trouve. L’hypnose exprime la singularité de la personne dans ce qu’elle a d’unique. Erickson est bientôt plus reconnu que son professeur. En tant que chercheur classique, Hull veut mettre au point un protocole standardisé d’hypnose, universel, applicable à tous les individus, quels qu’ils soient, alors qu’Erickson œuvre à indiquer que c’est impossible, l’hypnose exprimant au contraire l’individualité de chaque personne.

L’hypnose interdite à Milton Erickson

Un autre mal pour un bien est lié au fait que certains des services ou Milton travaille, sont très hermétiques à l’hypnose, au point que sa pratique lui est interdite. Erickson contourne la résistance en développant des techniques de communication efficaces d’allure non hypnotique, mais directement inspirées de l’hypnose. L’intérêt pour lui, est d’amener des patients psychiatriques hospitalisés à coopérer et ainsi, à être soulagés. En effet, pour hypnotiser un sujet, le praticien commence par accepter tout le comportement de celui-ci, quel que soit ce comportement, sans jugement, et ensuite, parce qu’il se sent reconnu, le patient arrive à collaborer et à entrer en transe.

Freud et Erickson

Freud, formation hypnose Myriam RoureLa différence de génie culturel réapparait. En effet, pour les Américains, le trouble mental est une crise qui se déroule et pour les Européens, c’est un état pathologique. La vision américaine favorise l’optimisme thérapeutique : si un individu répond d’une manière catastrophique à un événement, il pourra tout aussi bien répondre d’une manière restauratrice à un autre événement. D’où la conviction chez Erickson (comme chez d’autres praticiens américains) que la thérapie consiste à susciter des expériences nouvelles qui viendront modifier positivement les réactions négatives provoquées par des expériences plus anciennes. D’où également l’accent mis plus sur le présent et l’avenir que sur le passé. En mettant plus l’accent sur le présent, l’avenir et l’inattendu des réactions humaines qui défient toute loi prétendument scientifique, Erickson ne s’oppose pas à la psychanalyse qui a vingt ans aux Etats-Unis quand il en a trente. Il dévore tous les ouvrages de Freud qu’il trouve. Il le considère comme un génie et l’un de ses premiers succès expérimentaux sera la démonstration par l’hypnose d’hypothèses faites par Freud sur le fonctionnement inconscient. En fait, Milton considère Freud comme un génie dans la compréhension des phénomènes psychiques et comme une nullité en thérapeutique. Plus tard, quand la psychanalyse sera devenue le modèle du « politiquement correct », Milton devient le plus célèbre « incorrect », jusqu’à la modification de la tendance des années 1960-1970. Bien qu’il en souffre, Milton Erickson jouira de cette position et aura un certain plaisir à rattraper certains dégats causés par certains psychanalyses chez certains patients. Comme l’indique Mégglé : « Il a toujours aimé les fruits défendus. » A 33 ans, Milton Erickson rencontre une psychologue, Elizabeth Moore, une femme intelligente, délicate et énergique. Il l’épouse et aura cinq enfants. Elizabeth Moore élèvera aussi les trois enfants précédents de Milton Erickson. Son soutien l’accompagnera tout au long de sa vie. Mme Erickson travaille encore aujourd’hui à la fondation qui porte le nom de son mari.
La recherche expérimentale sur l’hypnose, la psychophysiologie et la psychopathologie
Milton réalise qu’une suggestion hypnotique n’est qu’une suggestion et pas un ordre. Par voix de conséquence, la suggestion doit tenir compte de l’individualité de chacun. Les suggestions directes :« faites ceci ! » sont souvent vouées à l’échec, car elles ne prennent pas en compte les besoins personnels de chaque patient et peuvent être bloquer par ses résistances conscientes. Le praticien Ericksonienne dira « et je vous invite à .. », « et je vous propose de … ». Il suggère et n’impose pas. Plus la suggestion posthypnotique, par exemple : « et vous serez étonnamment surpris de ressentir du dégout pour la cigarettes » (pour un fumeur) donnée pendant la séance est simple, et insérée dans les gestes banals de la vie, plus elle a de chances de se réaliser. Milton Erickson étudie les modifications hypnotiques des perceptions lorsque nous sommes en état d’hypnose : notre audition, notre vision, l’écoulement du temps sont différents. Milton montre aussi l’intérêt de la confusion en hypnose. Il démontre aussi certaines hypothèses psychanalytiques concernant les mécanismes de la névrose. Ce virtuose implante une névrose artificielle qu’il relie à la névrose déjà existante d’un patient, puis en délivrant le patient de sa névrose artificielle, il le guérit du même coup de sa névrose préexistante.
L’hypnose permet d’obtenir la coopération de l’inconscient. Elle est enseignée en médecine en France, mais le terme survolé serait plus juste. Cependant certains professionnels médicaux la discrédite, sans même bien la connaître, ce qui est dommage, ca éviterait ce genre d’anecdote que je vais vous confier : l’inconscient n’entend pas les négations, et ait sensible aux injonctions paradoxales, une de mes patientes s’est rendue aux urgences pour consulter une psychiatre car elle était angoissée et suicidaire. Son traitement était un anxiolytique, un somnifère et un anti dépresseur, qui était du lysanxia, du théralène et de l’anafranil. Le psychiatre de garde qui l’à reçu lui à dit : « Surtout ne faites pas de bêtises avec l’anafranil (l’anti dépresseur), car il y à des risques d’arrêts cardiaque. » Ma patiente étant suicidaire, il lui à donné le mode d’emploi pour se suicider, elle est le mode d’emploi pour se suicider, elle est rentrée chez elle car le médecin de garde aux urgences de l’hôpital n’à pas jugé nécessaire de la garder aux urgences ( !!) et la première chose qu’elle à fait en arrivant chez elle, c’est d’avaler tous les anti dépresseurs. Heureusement pour elle et sa famille, elle s’est réveillée environ 16h après, mais l’enseignement de l’hypnose aux professionnels de la santé éviterait de la souffrance, physique et psychique. Grace à l’hypnose, les professionnels de la santé apprendraient à mieux communiquer : par exemple, à avoir les bons mots pour faciliter les maux.
Vient ensuite la rencontre d’Erickson et des ethnologues Margaret Mead et Gregory Bateson, alors mariés. Ensemble, ils visionnent les films de transes rituelles qu’elle a rapportés de son séjour à Bali car la transe est de l’hypnose. Avec Mme Erickson, ils deviennent amis avant que des accidents allergiques graves conduisent Erickson en réanimation, au seuil de la mort. Le verdict médical tombe une deuxième fois : Milton doit impérieusement quitter le Michigan et vivre dans un climat chaud et sec. Alors qu’il commençait à se faire une renommée dans les hôpitaux et les facultés, il doit repartir de zéro. Il rebondit comme à son habitude en s’installant en tant que libéral près de Phoenix, ce qui le représente bien, car tel un phénix, il renait de ses cendres, « la vie d’abord. » était son lietmotiv.

Une pratique originale de l’hypnose et de la thérapie

Erickson, formation hypnose coachplanetIl se déplace à domicile lorsque cela s’avère nécessaire pour observer une dynamique familiale et en cas de problème conjugal, Erickson reçoit le couple ensemble. Cela peut paraître banal mais Milton Erickson fut le premier thérapeute à mener des entretiens conjugaux et familiaux. Rien n’est figé, sa pratique est plutôt inattendue :il peut recevoir les conjoints ensemble, le lendemain séparément et le surlendemain ensemble. De même, il peut recevoir une famille entière, à la séance suivante ne voir que le père et la fille, puis reprendre toute la famille, pour ne revoir ensuite que la mère. De même encore, quand un enfant avait un problème, Milton Erickson venait lui rendre visite sous un prétexte, et faisait de la thérapie sans en avoir l’air, comme si il était une connaissance de la famille.
Il vous faut vous replacer dans le contexte des années 1950 où règne la psychanalyse et où le thérapeute ne doit pas se mêler de la vie sociale des patients, ni faire intervenir la sienne ni se rendre à domicile. Le patient doit toujours être reçu individuellement, et le psychanalyste cherche avec son patient ce qui, dans son passé, l’a amené aux difficultés présentes. Erickson fait précisément l’inverse et prend des initiatives originales. Le milieu médical n’ose pas dire qu’il est malhonnête, mais conteste son « étique ». Un jour, exaspéré, Erickson s’exclame : « Ma dignité professionnelle, je m’assieds dessus ! », certain qu’il n’y a pas de remède ni à la bêtise, ni à l’hypocrisie. Il prescrit à ses patients des ascensions de Squaw Peak, la montagne située à côté de Phoenix pour leur permettre de prendre de la hauteur avec leur problème, pour les relativiser, et y voir plus clair avec de la perspective. Ce que les patient voient une fois là haut n’est jamais ce à quoi ils s’attendaient rationnellement car de puissantes intuitions sont favorisées par leur ascensions.
Sa clientèle est moins « lourde » que celle du Michigan et plus variée car il ne reçoit pas des patients hospitalisés, mais en ambulatoires. La diversité des situations rencontrées en une seule journée de consultation est plus vaste et il développe la capacité de régler les problématiques rapidement. Il communique ses idées thérapeutiques très rapidement. Les patients y répondent parce qu’elles sont formulées dans le langage de l’inconscient, sans que l’esprit conscient n’intervienne ni ne s’en aperçoive. Milton Erickson développe encore plus la communication indirecte. Certaines de ses séances ressemblent à de banales conversations, alors qu’en fait, chaque mot, chaque intonation, chaque temps de verbe, chaque structure syntaxique sont calculées. Des patients se retrouvent en état d’hypnose sans avoir eu le temps de sentir s’installer l’état, ou même en hypnose de façon intermittente dans la discussion. Quand on lui demande si, en thérapie, il fait systématiquement de l’hypnose, il répond : « une partie de mon temps, j’en fais ; une autre partie, je n’en fais pas ; et le reste du temps, je ne sais pas ce que je fais. » Erickson ne focalisait pas sur les techniques, il visait l’objectif qui est le changement.

La renommée de Milton Erickson

Sa réputation grandit et Milton Erickson a de plus en plus de clients, qui viennent de plus en plus loin. Il y a aussi des confrères, psychiatres et psychologues de toutes obédiences et des chercheurs, qui, l’esprit ouvert, essaient de comprendre l’origine de ses succès. Des médecins de toutes spécialités, des chirurgiens, des anesthésistes et des dentistes viennent le voir pour son travail efficace sur la douleur. Erickson les réconcilie avec la psychologie, à laquelle ils sont souvent en désaccord. Erickson est de plus en plus souvent invité pour des conférences à travers les Etats-Unis et à l’étranger. Il voyage beaucoup. Parmi les personnes qui viennent s’intéresser à son travail, il y à les créateurs de la PNL, Richard Bandler et John Grinder, qui le filme, et qui visionneront des heures durant son travail pour pouvoir en tirer une méthodologie. C’est grâce à ses deux personnes que nous pouvons bénéficiez de cours en hypnose Ericksonienne.

Le travail avec Haley

Consultation, formation en hypnose, Myriam RoureBateson fit rencontrer à Milton Erickson deux jeunes collaborateurs Jay Haley et John Weakland. Depuis plusieurs années déjà, Bateson travaillait sur la cybernétique des systèmes organisés complexes, et notamment ceux des familles. Il soumet à Erickson la continuation et l’amplification de ce travail, qui donnera naissance à la célèbre école de Palo Alto et aux thérapies familiales systémiques. Dans les thérapies familiales systémiques ce qu’il faut traiter n’est plus l’individu mais le système familial. L’individu à traiter est considéré comme le porteur des symptômes du dysfonctionnement du groupe familial. Jay Haley appréciera tellement le travail de Milton Erickson que ses entretiens ne lui suffirent pas, et il arrêta toute activité professionnelle pour se consacrer entièrement à l’étude d’Erickson. Son obsession était : « j’ai connu ce type pendant plus de quinze ans. Ce qu’il fait marche presque à tous les coups. Mais, bon sang, quel est le principe d’unité de son action ? Quels sont ses points de repères ? Il doit bien y avoir une constante quelque part. » Après plusieurs années de réflexion Jay Haley, trouva sa réponse, c’était le cycle de la vie humaine. Selon lui, Erickson aidait les gens à passer les caps successifs de l’existence. Quand il recevait quelqu’un, si c’était un jeune home, son objectif était alors de l’aider à devenir adulte, c’est-à-dire à entrer dans la vie conjugale, devenir père et avoir un métier. A chaque période, ses problématiques, celui d’élever les enfants, jusqu’à l’acceptation du vieillissement et de la mort. Les symptômes présentés par les patients, quels qu’ils soient, somatisation, dépression, phobies, obsessions, TOC, addictions, n’ont pas de valeur en eux-mêmes. Ils signifient que la personne a du mal à passer un cap du cycle humain. Dans le livre Uncommon therapy on lit une extraordinaire synthèse avec des cas cliniques interessant. En 1984, la traduction de ce livre sous le titre un thérapeute hors du commun, Milton H. Erickson fera connaitre Erickson en France.

A nouveau paralysé, à 52 ans

Alors qu’il est très actif entre ses consultations, ses recherches et ses conférences un peu partout aux Etats Unis, Erikson subie une deuxième attaque de poliomyélite en 1953. Il perd l’usage des deux jambes et d’un bras. Peu à peu, il ne quitte plus sa chaise roulante. Ses muscles de la parole eux aussi sont touchés. Erickson n’aura plus de choix que d’épurer. Il est prêt pour la rencontre avec Ernest Rossi dont le résultat sera la quintessence de l’art de la communication et Il collabore avec l’écrivain Aldous Huxley, l’auteur du Meilleur des mondes lui raconte que, pour écrire, il se met dans ce qu’il appelle des « états de réflexion profonde », ce qui éveille la curiosité d’Erickson qui veut en savoir plus sur les modes de fonctionnement mental d’Huxley. Malheureusement, l’incendie de la bibliothèque d’Huxley détruira leurs échanges.

Le travail d’Erickson avec Rossi et Zeig

Formation hypnose, institut coachplanetA partir de 1960, les thérapies familiales sont plus courantes et des personnalités fortes s’imposent telles que Carl Rogers avec l’approche centrée sur la personne, ou Fritz Perls : le créateur de la Gestalt. Depuis le fin fond de l’Arizona, Erickson soutient que nos souffrances viennent du fait que nous ne cessons notre vie durant, « d’apprendre à nous limiter ». Selon Erickson, nous bridons notre créativité et nous nous rigidifions dans des stéréotypes appauvrissants. Le mythe Erickson est si fort que certaines personnes pensent que le vieux sorcier indien de Castaneda, dans L’Herbe et la petite fumée, auprès duquel celui-ci vient chercher la sagesse, serait Erickson. Rossi et Erickson travaillent alors intensément. Rossi avait lu Uncommon Therapy et pour lui, Erickson était un génie qui dialoguait en ligne directe avec l’inconscient et, comme un Jungien, avait compris que l’inconscient était très créatif. Rossi exprime à Erickson son désir de comprendre comment la communication libère les potentialités inconscientes et aide l’homme à « s’individuer ». Ernest Rossi décortiquera les séances d’hypnose d’Erickson pendant des milliers d’heures : « pourquoi avez-vous dit ceci à tel moment ? Pourquoi avez-vous marqué un silence ici ? Pourquoi avez-vous posé cette question de cette façon ? Pourquoi avez-vous changé ce verbe de temps ? Pourquoi, à tel endroit, votre intonation disait-elle le contraire de vos mots ? » Erickson explique inlassablement, et peu à peu, au fil des pages, on voit Rossi trouver lui-même les réponses. Il a ouvert la « boite à outils » de la communication indirecte ; apprenti, il a demandé à quoi chaque outil sert et comment l’utiliser ; plus tard, il arrive à les reconnaitre quand Erickson les emploie. Ensemble, ils les dénomment : doubles liens de plusieurs calibres, suggestions composées, suggestions contingentes, implications, saupoudrage, métaphores et bien d’autres. Auteur avec Milton Erickson de L’homme de février et du Traité pratique de l’hypnose, il écrit aussi 20 minutes de répit, avec D. Nimmons, Montréal, 1992, Psychobiologie de la guérison, en 1993, du symptôme à la lumière, la nouvelle dynamique des systèmes auto-organisés en hypnothérapie, en 2001.

Milton Erickson et l'hypnoseUsé, Milton Erickson décède la veille du premier congrès international sur l’hypnose et la psychothérapie, consacré à son œuvre. Lui qui était voué à décédé à 18 ans par le corps médical, il vécu jusqu’ à 79 ans ! Ses cendres furent répandues en haut de Squaw Peak devant deux milles personnes. Milton Erickson aimait profondément la vie. Aimer la vie, c’est se préparer à sa diversité et à son inattendu, y compris dans ce qu’elle a d’incompréhensible et d’injuste, en lâchant prise.

Aujourd’hui, Zeig est aux commandes de la fondation Erickson, l’approche Ericksonienne ayant touché les cinq continents, il voyage de par le monde, C’est sous sa responsabilité qu’est organisé le premier congrès Ericksonien international à Phoenix en 1980. Pour ceux d’entre vous qui souhaitent se former à l’hypnose Ericksonienne et Traditionnelle, je suis la fondatrice de l’institut coachplanet et moi-même et mon compagnon nous vous formerons avec plaisir. Les formations peuvent se faire de visu au centre de formation à Levallois, juste à coté de Paris, via skype, ou par correspondance.

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