Mieux communiquer grâce à la Communication Non Violente

Communication respect, famille, couple, travail

MIEUX COMMUNIQUER GRACE A LA COMMUNICATION NON VIOLENTE

Les origines de la communication non violente, aussi appelée CNV

Communication respect, famille, couple, travailLa Communication Non Violente aussi appelée : CNV, a été créée par Marshall Rosenberg, psychiatre et psychothérapeute américain. La communication non violente a aussi trouvée un porte parole en la personne de Thomas
d’Assembourg, ancien avocat, devenu maintenant écrivain. Marshall est le créateur le penseur de la CNV. Thomas d’Assembourg a quand à lui, une approche plus commerciale. La Communication non violente part de ce constat simple : la violence verbale a de plus fortes chances de survenir, quand nous avons appris à penser en termes de ce qui ne va pas chez les autres, au lieu de ce qui se passe en nous. Par conséquent, pour mieux communiquer mieux vaut éviter certains termes très précis, qui ont le don d’agacer nos interlocuteurs, tel que dire « quand tu dis ça », au de « quand je ressens/quand j’entends que … ». De même, pour bien communiquer il faut savoir comment réagir concrètement, et savoir quoi dire, quand nous même nous recevons une information qui nous agace, nous déstabilise, ou encore nous blesse. La communication non violente permet de sortir du jeu puéril trop souvent présent dans la communication : qui a tord/qui a raison, qui au final ne mène à rien, sauf à la colère, à la frustration, à la désillusion et au ressentiment.

Le but de la Communication Non violente / CNV est donc de clairement mieux communiquer

Comment la Communication Non Violente permet-elle concrètement de mieux communiquer ? C’est simple, la CNV oriente le dialogue de façon à communiquer de façon saine, authentique, sans ambigüité, ni non-dits. La CNV permet aussi d’aider son interlocuteur à s’exprimer ainsi. La Communication Non Violente est au cœur de l’intelligence émotionnelle. Pratiquer la CNV vous aidera à mieux vivre vos émotions et à mieux vous exprimer, car notre dialogue découle directement de nos émotions. La CNV permet concrètement d’améliorer chaque jour sa manière de communiquer avec les autres  (la vie et ses situations anxiogènes sont un vrai terrain d’entrainement quotidien !). Qui d’entre nous peut dire : je ne me sens jamais pris au dépourvu ? Je trouve toujours la bonne réplique au bon moment : en société, au travail, au sein de la famille avec nos parents et nos enfants ? Pour mieux communiquer la CNV nous apprend à nous libérer des scénarios de dialogues fermés, habituellement basés sur ce que la Communication Non Violente appelle le langage « chacal » ou « hyène » qui est agressif est basé sur :

– l’adversité : « Tu m’as dis ça, je te réponds ça. » vous savez le ping pong, les joutes verbales, ou au final, on ne sait même plus pourquoi nous avons commencé à nous prendre la tête.
– le jugement rapide
– la critique
– la manipulation
– le déni de responsabilité
– l’exigence, l’autorité radicale (impliquant de ne pas laisser de choix à son interlocuteur)
et la mauvaise foi, ce qui fait qu’on final, il y à deux perdants.

La CNV est une technique d’assertivité qui permet de communiquer sans qu’interviennent des motivations inconscientes chez nous ou notre interlocuteurs telles que :

– la honte
– la culpabilité
– le devoir ou l’obligation
– la contrainte ou la soumission
mais permet au contraire le plaisir d’un véritable échange, et d’un vrai dialogue, que la communication non violente appelle le langage « girafe ». Pourquoi une girafe ? La communication non violente a choisie cet animal car c’est celui qui a le plus grand coeur, car nous avons en effet été nombreux, petits à avoir une Sophie la girafe. Personnellement j’aime à penser que comme elle a un grand cou, elle a du recul, elle est pacifique et mache tranquillement ses feuilles. Elle n’est pas prédatrice et n’a pas de prédateur. Avoir du recul permet de ne pas prendre contre soi la maladresse des autres.

Le protocole de la Communication Non Violente est un processus simple, pratique et efficace. Il se décline en 4 points et permet,  surtout dans des conditions éprouvantes, de rétablir du dialogue, de pouvoir continuer à communiquer, et ce en gérant nos émotions négatives (peur, tristesse, dégout, colère), notre stress, notre timidité et/ou notre pudeur.

Ci-dessous une première vidéo de Marshall Rosenberg, créateur de la CNV

Cette vidéo est la première d’une suite. Elles sont traduites en français. Dans cette vidéo Marshall explique notamment pourquoi il est nécessaire de modifier notre manière de communiquer et en quoi la CNV peut y aider  :

Le protocole de la communication non violente en 4 étapes :

Quand vous êtes contrarié, agacé, énervé, triste, etc :

– Lorsque je vois, entends, remarque, souviens, imagine ….
– Je me sens …
– Parce que j’ai besoin …
– Et j’aimerais que tu ….

Ce qui donne comme manière concrète de communiquer :

Un ami arrivait souvent en retard au déjeuner. De par mon travail, j’ai peu de temps et nous sommes nombreux dans ce cas, à l’heure du déjeuner. J’apprécie cette personne, et n’avais donc pas envie de la perdre, aussi l’option : « écoute, tu n’es pas capable de prendre les autres en considération, tu es systématiquement en retard, par conséquent, je ne t’ai pas attendu, je te souhaite un bon déjeuner, et le laisser en plan » me ferait du mal.

Avec la communication non violente :
– « quand je constate qu’il est 12h30 et que nous avions rendez à 12h
– « je me sens agacé, car pour moi la ponctualité est une question de respect, et je me sens désemparée, et navrée car ce n’est pas la première fois que cela arrive »
– « j’ai peu de temps au déjeuner, je n’ai pas de marge, j’ai besoin que l’horaire prévu soit respecté. »
– « j’espère que la prochaine fois nous pourrons vraiment déjeuner ensemble; Là je n’ai pas eu d’autres choix que de ne pas t’attendre ».

Comme vous le constaté il y a différentes manières de formuler une demande, et celle-ci peut être plus ou moins directe. Dans l’exemple ci-dessus, comme c’était un ami, je savais qu’il allait y prêter attention, ce qu’il a fait les fois d’après. Si c’était un collègue, j’aurais pu dire : « et j’attends de vous le respect de la ponctualité. »

La suite de la vidéo précédente qui illustre comment communiquer avec la CNV :

Dans cette vidéo le père de la CNV explique pourquoi il a choisi la Girafe comme animal pour représenter la capacité à bien communiquer, notamment parce que c’est l’animal qui a le plus grand coeur. Et il donne des exemples pour différencier les faits, les observations, les constats, des évaluations.

La pauvreté grammaticale à éviter en Communication Non Violente : le langage « hyène» :

Les conflits, mieux communiquerLe langage hyène consiste en des froids piquants comme on les appelles en Analyse Transactionnelle, à savoir un langage qui n’invite pas au dialogue, mais le fige. Le langage hyène consiste en :

– Des jugements, des étiquettes, des évaluations : il est trop ceci ou cela, je ne suis pas assez …
– Des interprétations : restez objectif !
– Des comparaisons
-Des exigences, des ordres, la manipulation, la menace, la culpabilisation.
– En effet, une demande peut tout à fait être acceptée ou refusée. C’est légitime !
– Ayez en mémoire que lorsque vous dites « non », vous dites « oui » à un de vos besoins.
– Le langage refusant le choix « il faut que », « je dois », « tu devais », j’aurais dû ».
– Des expressions refusant la responsabilité de nos actions, sentiments ou pensées.
– Le langage binaire : bien/mal, compétent/incompétent.
– La dévalorisation de soi ou de l’autre.
– Des mots qui nous coupent du moment présent : « toujours », « jamais ».
– Des rapports de force dominant/dominé, qui a tort / qui a raison.
– Des expressions automatiques : « de toute façon, toi tu agis toujours / tu dis toujours … ».
– S’adresser au rôle ou au statut social plutôt qu’à l’être humain.
– Dire « on » ou « tu » au lieu de « je » dans les trois premières étapes du protocole.
– Des mots (jamais, toujours, rarement, fréquemment, systématiquement impossible), employés pour communiquer sur une exagération traduisent une confusion entre évaluation et observation. Ils n’inciteront pas notre interlocuteur à vouloir continuer de communiquer avec nous, et sont donc à éviter.
– Attribuer aux autres la responsabilité de nos sentiments : en faisant suivre « Je me sens (mon ressenti) parce que… » d’un autre mot que « je ». Par exemple : « je me sens blessé parce que vous/tu as/avez dit telle ou telle chose ».
– Exprimer ses sentiments sur un mode impersonnel. Par exemple : « Cela me rend furieux quand tu fais cela » ou « Ça me tape vraiment sur les nerfs ».
– Mentionner seulement les actions de l’autre et nos sentiments. Par exemple : « Quand tu oublies mon anniversaire je suis blessé » ou « Maman est déçue lorsque tu ne manges pas ta soupe ».

Le protocole de la communication non violente détaillé pour mieux communiquer en 4 étapes

1 Communiquer en faisant un constat neutre, et en disant « je » à la place de « tu ».

Vous remarquerez que le « tu », auquel vous pouvez rajouter symboliquement un « e » : « tue », n’a sciemment pas été employé. En effet, dire à l’autre « tu es égoïste », au lieu de « je me sens abandonnée », est blessant et est une interprétation, ou un jugement qui n’invite pas à communiquer. Communiquer passe forcément par nos cinq sens : ce qui nous gêne est forcément quelque chose que l’on voit, que l’on entend, que l’on ressent, que l’on sent, goute ou ressent sur sa peau. Ca ne gêne pas forcément l’autre, d’ou le fait de communiquer avec ‘je’ et non pas : ‘quand tu dis ca’,  « quand tu fais ca », ou « quand tu n’es jamais là », etc.
Communiquer de cette manière produit à peu près cet effet chez votre interlocuteur : « je sais que tu es merdeux et je te mets la tête dans ton caca, tu sens, ça pue hein ? » Qui a envie de continuer de communiquer calmement et dans le respect dans ces conditions ? Celui qui vous a gêné le fait soit de manière non intentionnelle, soit par maladresse, ou pour vous faire réagir. Notamment en vous provoquant. Rentrer dans le jeu de celui qui provoque, c’est perdre d’avance. Ne pas accepter la maladresse et la prendre contre soi, c’est se rendre malade pour le restant de ces jours, car bon nombre de personnes sont maladroites. Il suffit de passer un pacte avec soi-même et se dire qu’on peut décider de ne pas prendre la maladresse de l’autre contre soi, et pouvons parler avec respect de ce qui nous choque, nous offusque, et nous dérange sans le prendre contre nous.

Quand j‘observe (imagine, entends, vois, ressens) ce qui contribue à mon bien-être ou à ma contrariété. Ce que je ressens, vois, entends, etc est forcément en relation avec mes sens, et cela m’appartient. Donc plutôt que de communiquer de cette manière : « avec toi, c’est toujours la même chose, il n’est jamais possible de .. » , la communication sera plus efficace avec des expressions telles que : « Quand j’entends, vois, constate … »
Cette étape doit être formulée avec une communication non verbale neutre. C’est à dire avec un timbre de voix et une gestuelle du corps neutre.

2 Communiquer ce que je ressens et qui m’appartient en terme de ressenti

« Je me sens » … voir la liste des émotions ci-dessous. Cette liste d’émotion peut vous aider à vous connectez sur comment vous vous sentez. Ça sera plus pertinent pour l’autre interlocuteur d’entendre : « Je me sens désemparée », plutôt que « que ça va », »ça va pas », ou de vous voir vous renfrogner. Nous pouvons souvent ressentir plusieurs émotions à la fois, mais vous vous apercevrez que certaines sont du même groupe d’émotion. Par exemple :

– « Je me sens agacée, irritée et énervée » = colère
– « Je me sens triste, accablée, et j’ai envie de pleurer » = tristesse
– « Je me sens terrifiée, terrorisée » = peur

A l’inverse de l’étape précédente, cette étape doit etre communiquer avec l’émotion qui s’entend dans le timbre de notre voix et qui se lit sur notre visage. C’est tout le pouvoir de l’intelligence émotionnelle : on connecte son interlocuteur non plus à son cerveau cortical, mais à son cerveau limbique. Pour le dire plus simplement : nous tentons de faire ressentir à l’autre ce que nous ressentons, plutôt que de déclencher une réfléxion et une analyse en lui. Car il n’y à rien de plus fort qu’une émotion. Et que souvent nos interlocuteurs n’ont pas à l’idée de nous blesser, car ils ne sont pas à nous, donc en leur faisant ressentir l’émotion, la compréhension est plus rapide.

CNV les émotions

3 Communiquer sur ce dont j’ai besoin

« Parce que j’ai besoin de … » voir la liste des besoins ci-dessous.

4 Communiquer sur ce que je demande, ou propose.

Par contre, lors de cette dernière étape, l’objectif est d’impliquer la personne, de la responsabiliser et de l’autonomiser : le « tu » est donc de rigueur.
Exemple : « Cela me ferait plaisir que tu … « Ou, et ca me toucherait que tu … » Ou encore : « et je te demande de bien vouloir … »

Listes des besoins à communiquer à son interlocuteur, que j’ai regrouper avec les besoins de Maslow

 CNV protocole et besoins pour mieux communiquer

Concernant le fait de communiquer avec la CNV

En communiquant vos émotions et vos besoins, vous expliquer à l’autre vos valeurs, et vous lui donner des clés, un mode d’emploi. Ceci est utile uniquement avec les personnes de bonne intelligence et bienveillantes. Par conséquent, je vous déconseille fortement de communiquer avec la CNV face à un PN, c’est à dire un pervers narcissique. En effet, les manipulateurs n’ont que faire de vos émotions et de vos besoins, et vont au contraire, se faire un malin plaisir de vous frustrer et de ne pas y répondre. Ils connaitrons vos points faibles.
De même, communiquer de cette manière demande de l’énergie, surtout au départ, car cela ne nous est pas naturel. il est évident qu’il faut donc garder cette énergie pour les gens qui nous sont chers, ou pour ceux que nous n’apprécions pas forcément mais avec lesquels nous devons composer en famille ou au travail. Mais si un dimanche matin, au calme, alors que je n’accélère pas au quart de tour au sein de ma voiture, pour aller à ma ballade, et que la personne derrière moi klaxonne bruyamment, je ne vais pas lui dire : « Nous sommes dimanche, il à 8h, les oiseaux chantent, et quand j’entends le klaxonne fort, car je ne démarre pas assez vite au feu rouge, je me sens agressée, car j’ai besoin de décompresser le dimanche, et ça serait sympa de votre part de le prendre en considération » ! Car la personne m’aura certainement dépassée depuis longtemps …. je me dirais plutôt dans ma tête pour m’apaiser « qui va piano va sano, qui va sano va lontano, qui va pui forte, va a la morte ».

Suite vidéo sur la CNV pour mieux communiquer

Dans cette vidéos Marshall Rosenberg fait s’entrainer les gens à formuler et communiquer en nommant des faits et non des évaluation, ni des jugements.

Pour bien maitriser la CNV et communiquer de manière optimum :

Etape n°1 : communiquer en observant des faits et non en évaluant des ressentis personnels :

Afin d’être objectif et d’éviter des raccourcis sur la situation qui vous contrarie (jugements, dénigrements, etc.), ce qui fait que l’autre se ferme au dialogue et ne vous entend plus, la CNV invite tout d’abord à faire une observation précise, neutre et purement factuelleIl est donc important d’éviter de mêler des évaluations et des jugements à la description de faits. En effet, une observation décrit une chose que nous voyons, entendons ou touchons. Les observations sont liées à nos cinq sens comme la Programmation Neurolinguistique l’explique fort bien. Une évaluation, elle, formule une interprétation de la réalité. L’évaluation est plus proche du jugement et moins neutre. Quand nous mélangeons l’observation d’un comportement et le jugement que nous portons sur son comportement, notre interlocuteur aura tendance à investir son énergie dans l’autodéfense et la contre-attaque, plutôt que dans une compréhension bienveillante et l’envie de continuer à communiquer avec nous.

Observation et évaluation :
  • Communication Non ViolenteIl nous arrive d’employer le verbe « être » sans préciser que nous avons conscience d’évaluer. Comparez « Tu es trop généreux ! » avec « Quand je te vois donner ton argent de poche, je pense que tu es trop généreux ».
  • Nous pouvons employer des verbes qui contiennent une connotation d’évaluation :
  • Comparez « Paul est un fainéant » avec « Paul n’étudie qu’à la veille des examens ».
  • Parfois nous confondons « prédiction » et « certitude » :
  • Comparez « Si tu ne manges pas bien, tu auras des problèmes de santé » avec « Si ta nourriture n’est pas équilibrée, je m’inquiète pour toi ».
  • Nous pouvons manquer de précision quant au lieu et à la personne : ce sont les généralités en PNL.
  • Comparez « Les jeunes n’entretiennent pas leur appartement » avec « Je n’ai pas encore vu un jeune entretenir son appartement ».
  • Il nous arrive aussi d’employer des termes dénotant l’aptitude ou l’inaptitude à agir :
  • Comparez « Thierry est un mauvais joueur de foot » avec « En vingt parties, je n’ai pas vu Thierry marquer un seul but ».

Exemples de distinctions entre évaluation et observation pour communiquer avec les outils de la CNV

ÉVALUATION accusatrice                         OBSERVATION Neutre

Tu es toujours occupé.                                   Ça fait deux mois que je n’ai pas reçu d’appel de ta part.
Tu ne me téléphones jamais.                          Les deux fois où je t ai appelé la semaine dernière, je t’ai senti non disponible pour parler.
Tu fais rarement ce que je veux.                    Les trois dernières fois où j’ai proposé une activité, je t’ai senti sans enthousiasme.
Il nous rend souvent visite.                             Le mois dernier, il est venu au moins trois fois par semaine.

Etape n°2 de la CNV pour bien communiquer : Communiquer ses émotions

Les émotions et les sentiments, sont la deuxième composante de la Communication Non Violente pour décrire ce qui se passe en nous. Cette conscience permet de générer un dialogue agréable et efficace. Pour décrire ce qui se passe en vous, il est conseillé de se connecter à vos émotions ainsi qu’à vos ressentis. Dans la société occidentale actuellement, nous sommes plutôt coupés de nos émotions et ressentis. Cette forme de communication est cependant nécessaire à l’épanouissement de la confiance et à la sécurité, deux besoins essentiels auxquels nous sommes tous sensibles. Ce qui fait que nous passons notre temps à exprimer des reproches à ceux que nous aimons, à nos collègues et nos amis, au lieu de leur exprimer de quoi on à besoin. Exemple :

– « de toute façon, tu n’es jamais disponible pour moi » communication violente
– « j’ai besoin de toi » cnv
– « oui de toute facon, avec toi, c’est toujours pareil, tu es nul en communication ! »  communication violente
– « j’ai besoin que tu me laisse m’exprimer jusqu’à la fin s’il te plait, que tu ne me coupes pas la parole, et je m’engage à faire de même, cela est il possible ? » cnv

Nos émotions fournissent des informations sur notre degré de bien-être :

Certaines témoignent de notre confort ou inconfort physique (le froid, la chaleur, la faim, la satiété). Certaines témoignent de notre degré de participation intellectuelle (je suis intéressé ou perplexe). D’autres émotions encore, témoignent du degré de satisfaction ou d’insatisfaction de nos besoins (je me sens épanoui, léger, ou contrarié, bafoué etc.)
Nous l’avons vu dans la partie théorie, nos émotions résultent de nos interprétations. Par exemple, nous pouvons être en colère parce que nous avons jugé inconsidéré le comportement de quelqu’un, ou honteux quand nous pensons que nous n’aurions pas dû faire telle ou telle chose. Dans la verbalisation de nos émotions, il est utile d’éviter les mots vagues et généraux qui ne décrivent pas clairement ce que nous éprouvons.
Par exemple l’emploi d’expressions telles que « Je me sens bien » ou « Je me sens mal ». En effet, se sentir bien peut signifier être « serein », « joyeux », « enchanté », etc.  Se sentir mal peut signifier être « désorienté », « bafoué » ou – un degré au dessus – « humilié ».
Enfin, nos émotions servent de jauge indiquant si les événements contribuent ou non à notre bien-être. Si elles sont en phase avec nos besoins et nos valeurs, nous sommes envahis de sensations agréables ; dans le cas contraire, nous ressentons des sensations pénibles qui nous incitent à faire le nécessaire pour prendre soin de nous : somatisations, phobies, angoisses, compulsions.

Les faux-amis

Avec certains verbes, nous croyons formuler ce que nous éprouvons cependant, nous n’exprimons pas nos émotions. Dans les phrases qui suivent, lorsque le verbe sentir (ou avoir le sentiment) est suivi des mots « que », « comme », « qu’il/elle/eux », « que tu/vous », etc., ce qui suit ne décrit pas explicitement ce que le sujet ressent :

J’ai le sentiment que tu aurais dû te comporter autrement.
Je sens que j’aurais mieux à faire.
Je me sens comme un imbécile qui se serait fait avoir.

Distinguez les mots décrivant notre perception des agissements des autres à notre égard, de ceux qui identifient nos émotionsPar exemple, « Je me sens incompris » est davantage ma propre évaluation du niveau de compréhension de l’autre, que l’expression de mes émotions. Il est possible qu’en fait, j’éprouve de l’agacement, du découragement ou encore autre chose. De même, en disant « je me sens ignoré » j’exprime plus mon interprétation du comportement de l’autre, que mes propres émotions. Responsabilisez-vous vis-à-vis de votre contrariété, mauvaise humeur, ou colère. Ex. de termes qui expriment plus notre interprétation des actes d’autrui que nos sentiments : abandonné, esseulé, j’ai le sentiment que. Distinguez bien les termes qui décrivent ce que vous croyez que vous êtes, et ceux exprimant vos émotions.

Etape n°3 de la Communication Non Violente : communiquer son ou ses besoins

Je remercie Marie May, l’auteur de cette photo, et en profite pour glisser un lien au passage vers son blogl’objet de mon désespoir.

Mieux communiquer avec la communication non violenteEn n’étant pas conscient du lien existant entre nos besoins et nos sentiments, nous limitons souvent la cause de ces derniers aux seules actions des autres. Ainsi, nous freinons notre développement qui dépend largement de la conscience de ce qui se passe en nous. Ne pas reconnaître ce lien nous conduit à en vouloir à autrui et brouille la frontière entre nous et les autres. Leur reprocher nos sentiments provoque souvent leur culpabilité et diminue leur capacité à avoir des interactions bienveillantes à notre égard. Pour entretenir la conscience du lien de cause à effet entre ce qui se passe en nous et nos sentiments, la CNV recommande de faire suivre l’expression d’une émotion et d’un besoin par « parce que je » dans une formulation qui explicite que c’est ce qui se passe en nous. Selon ce principe, nous pouvons dire :

– « Je suis contrarié quand tu dis cela parce que j’aurais aimé que tu me comprennes autrement »,
– « Quand tu es parti au milieu de ma phrase, je me suis senti blessé parce que j’ai associé ton départ au souvenir que mon père n’avait jamais le temps de m’écouter »,
– « Je suis en colère quand tu n’arrives pas à l’heure parce que j’interprète ton retard comme un manque de respect du temps dont je dispose ».

 

Ces formulations attestent du fait que nous acceptons la responsabilité de nos sentiments plutôt que de la reporter sur un tiers. Remarquez la différence entre : « Tu m’as déçu en ne venant pas ce soir » et « J’ai été déçu que tu ne viennes pas parce que je voulais parler de choses qui me préoccupent. » Dans le premier exemple, le sujet attribue uniquement la cause de ses sentiments ou émotions à l’action de l’autre personne. Dans le second, le sujet assume la responsabilité de ses sentiments, en disant « je ».

Vidéos communication non violente, suite : communiquer en exprimant des faits et des besoins :

Nous pouvons accepter que derrière un reproche se cache souvent un besoin mal exprimé, et brancher notre décodeur CNV, pour nous demander qu’est-ce que la personne ne me dit pas, mais dont elle a besoin, ça aide à mieux communiquer. En effet, au lieu d’entendre : « je suis en manque de toi, j’ai besoin de toi », on entend le plus souvent : « tu n’es pas assez présent pour moi ». Ce qui n’incite pas la personne à être plus présente puisque elle se sent jugée. Il est donc temps pour vous de parler à l’endroit, et non plus à l’envers. De décoder le langage de ceux qui n’ont pas lu cet article et communique à l’envers. Si besoin, et pour vous entrainer, j’organise régulièrement des stages en groupe sur la communication non violente les we ou les soirs. La communication non violente peut aussi s’apprendre lors de consultations individuelles à l’horaire le plus pratique pour vous.



Etape n°4 de la Communication Non Violente : communiquer une ou des demandes

Quand nos besoins ne sont pas satisfaits, évaluer cette constatation peut s’avérer utile, mais insuffisant en soi. Pour se sentir épanoui, nous devons également demander des actes susceptibles de combler nos besoins. Pour formuler une demande recevable par votre interlocuteur, je vous invite à décrire clairement les actions que vous aimeriez voir mener pour que votre vie en soit enrichie. En d’autres termes, exprimez ce que vous souhaitez en utilisant des termes positifs et non ce que vous ne voulez pas (c’est à dire le contraire de ce qu’on fait la majorité du temps). Demandez ce que vous voulez, et faites-le en termes d’actions concrètes, sans employer de formules vagues et abstraites. Communiquer de manière rationnelle en parlant de faits et d’actions claires. Avoir une communication orientée solutions, aidera les autres à réagir favorablement à vos demandes.

La différence entre demander et exiger dans notre manière de communiquer

Quand vous adressez une demande à quelqu’un avec le principe de la communication non-violente, (et donc aussi de l’intelligence émotionnelle), vous désirez que la personne accueille votre demande, non comme une exigence, une menace ou un ordre, mais avec plaisir. Communiquer nos demandes de manières positives évite que les autres les perçoivent comme des ordres menaçant leur autonomie. Qu’ils cèdent à nos demandes les vivant comme des exigences. Lorsqu’une personne répond à une demande sans le vouloir, sa réaction est alors motivée par le ressentiment, la crainte, la culpabilité ou la honte. Ça ne durera pas sur du long terme, et ce type de communication contient clairement un rapport de force. Démontrez aux autres que vos requêtes sont bien des demandes, et non des exigences, lorsque vous accueillez avec empathie les sentiments et besoins qui les empêchent de faire ce que vous leur avez demandé. Cela ne veut pas dire que vous n’essayerez pas de persuader votre interlocuteur de changer d’avis, s’il a choisi dans un premier temps, de ne pas satisfaire votre demande. Cela signifie que vous ne tenterez pas de le faire, avant d’avoir démontré une compréhension respectueuse aux motifs de son refus. Exprimer de véritables demandes qui ne soient pas des exigences requiert de prendre conscience de la différence entre deux objectifs possibles : soit nous attendons simplement des autres qu’ils fassent ce que nous voulons, soit nous nous attachons au cheminement qui permet d’aboutir à un résultat. Nous accordons alors de l’importance au respect de la relation et de la personne.

Exemples d’expression de demandes formulées en terme  d’actions concrètes :

– Je souhaite que tu me comprennes.
– J’aimerais que tu m’indiques une chose que j’ai faite et que tu aies appréciée.
– Cela me ferait plaisir que ce soit toi qui amène notre fille à ses cours de patinage.


Communiquer avec la CNV pour les pros :

Voici le protocole en 4 étapes pour communiquer, non pas quand nous nous sentons attaqués, choqués ou blessés, mais quand nous avons nous même blessés quelqu’un ou que nous sentons qu’il y a un malentendu (l’autre se tend, se tait, croise les bras, se braque, boude, se ferme ou se met en colère). Cette technique est une technique de médiation qui permet de désamorcer les conflits, quand l’autre est contrarié ou sous le joug d’une émotion :

– « Lorsque tu vois, entends, remarque, te souviens, imagine ….
– Tu te sens …
– Parce que tu as besoin …
– Est-ce bien cela …. ? »

Les détails et exemples de comment communiquer quand nous avons contrarié notre interlocuteur, sera le sujet d’un article prochain …

Liens :

Les outils thérapeutiques : l’intelligence émotionnelle
Communiquez mieux en détectant les besoins implicites de votre interlocuteur
Mieux vivre ses émotions : l’intelligence émotionnelle
Apprendre à maitriser ses émotions : la haine 

Communication Non Violente, stage Myriam Roure

 

 

 

16 Comments on “Mieux communiquer grâce à la Communication Non Violente”

  1. Le « Je » est une utilisation assez difficile en face des autres car ça rapporte à soi et donne à penser (pour les autres) qu’il n’y a que ce fameux « je » qui importe, le « moi ».
    Alors en effet, le « tu » est bien souvent ressenti comme une attaque suivant les remarques.
    Maintenant, pour ma part, J’ai beaucoup de mal car j’ai l’impression de ramener la couverture à moi même…
    Dès que j’en aurais l’occasion, je regarderai les vidéos, cela m’apportera peut être une meilleure vision de l’utilisation du « je » 🙂

  2. Le « Je » est une utilisation assez difficile en face des autres car ça rapporte à soi et donne à penser (pour les autres) qu’il n’y a que ce fameux « je » qui importe, le « moi ».
    Alors en effet, le « tu » est bien souvent ressenti comme une attaque suivant les remarques.
    Maintenant, pour ma part, J’ai beaucoup de mal car j’ai l’impression de ramener la couverture à moi même…
    Dès que j’en aurais l’occasion, je regarderai les vidéos, cela m’apportera peut être une meilleure vision de l’utilisation du « je » 🙂

  3. le langage et les interactions qui renforcent notre aptitude à donner avec bienveillance et à inspirer aux autres le désir d’en faire autant

  4. Toute relation amoureuse évolue selon des étapes qui ont été très bien analysées par les psycs : la passion, la lutte pour le pouvoir, le partage du pouvoir, l’engagement et l’ouverture sur autrui. Et ces étapes font que l’on ne communique pas toujours de manière optimum. Avec la communication non violente, et la PNL, on à des repaires et des outils, et ça aide ! Le langage ou les interactions qui renforcent notre aptitude à donner avec bienveillance, inspirent forcément aux autres, le désir d’en faire autant.

  5. Communiquer de manière rationnelle, c communiquer vers l’autre d’une manière qui favorise la compréhension et l’acceptation du message, et cet article sur la CNV l’illustre bien.

  6. Super article sur la communication non violente, qui répond parfaitement à mes interrogations du moment : je parviens à analyser une situation / un échange, et à comprendre l’autre, mais après je ne voyais pas comment faire pour mieux communiquer ?
    Je vais donc expérimenter tout ça.
    Merci pour le texte explicatif, pour les exemples, pour les vidéos ! Et pour avoir prévu plusieurs cas de figures particuliers qui font écho et me permettent de me sentir plus « outillée ».
    Je trouve que ce document complète très bien mon parcours en consultations. Merci encore !

  7. J’adore cet article sur la communication non violente et mieux communiquer, avant de connaître Myriam, je ne connaissais pas cette technique. Les gens ont tendance a avoir facilement le langage hyène, c’est tellement bien d’éviter les clashs.

  8. Bonjour,

    C’est un super article que TOUT LE MONDE devrait lire !
    J’utilise la CNV avec mon conjoint avec qui je rencontre des difficultés depuis une semaine seulement et le résultat est impressionnant !

    Merci pour ce très bel outil qu’est la communication non violente.

  9. tres interessant sujet sur comment mieux communique en général- mais la, je n’ai pas tout -je vais continuer plus tard

  10. Cet article est merveilleux !
    Et moi qui pensais m’exprimer en termes d’ actions concrètes… Le risque fût grand que communiquer une « demande », pour l’autre entraînait des conséquences fâcheuses sur la relation. Grâce à l’enseignement que Myriam me prodigue, je persévère et je ressens à présent le côté bénéfique de la communication non violente qui est mon autonomie et celle de mon entourage.
    Je trouve les vidéos et les formules enrichissantes. Et del’autre part, au- delà des diplômes dont je suis fière d’avoir obtenu (pnl.ie )par l’accompagnement et le soutien de Myriam ; la joie de comprendre, le plaisir de découvrir le langage vrai s’étendent en dehors des grandes théories. Merci Myriam ,tes apports pédagogiques soulignent l’importance de l’écoute, de la communication, Ici m’ont permis d’intégrer que, la CNV est une réelle rencontre permanente avec l’autre.
    Je m’engage de continuer le parcours avec toi pour être plus outillée et complète dans le domaine professionnel, jusqu’en TCC…

    Korava

  11. Merci Myriam pour cet article complet et détaillé sur ce ce sujet qui paraît si simple et limpide et pourtant si difficile à metre en oeuvre. J’ai adoré les vidéos qui résument tout avec humour. j’ai hâte d’apprendre le langage girafe.

  12. Ce n’est pas évident ni naturel pour moi de me mettre à la communication non violente et d’avouer ce que je ressens. Je commence à m’entraîner avec mes enfants qui me regardent avec de grands yeux surpris mais il faut vraiment que je prenne sur moi :-).

    Vivement que cela devienne naturel : avec les conseils et encouragements de Myriam, qui ne juge jamais (c’est tellement agréable !) je suis sûre que c !ela ne saurait tarder

  13. Vu en formation. Très bon article de Myriam. Tout y est.
    Pour le mettre en place, il faut un peu de temps. Mais commencer ces phrases par « Je » lors d’une discussion, amorce déjà le changement comparé au « tu » qui « tuE » ;o).
    Merci.

  14. Depuis que j’ai découvert la CNV, j’essaie de la pratiquer pour être à même de l’utiliser correctement au bon moment.
    J’ai voulu mettre en pratique avec mon conjoint qui a appris certains rudiments avec moi.
    Un questionnement s’est posé dès ma première tentative. Le voici:
     » quand tu proposes d’aller au restaurant plus d’une fois par semaine, je me sens divisée parce que j’ai besoin d’une alimentation saine et équilibrée pour notre famille, et non pas que nous succombons aux repas copieux et peu nutritifs. Serait-ce possible d’aller au restaurant qu’une fois par semaine? »

    Mon conjoint m’a alors dit que « quand tu proposes » est une critique!

    Comment aurais-je pu dire cela?

    Merci!
    D’une mère et conjointe qui espère améliorer sa façon de communiquer

    Chantale

  15. bonjour,

    vous pouvez par exemple dire : quand j’entends une proposition de sortie au restaurant une fois par semaine. le tout est de dire « je » et pas « tu ». Bien cordialement.

  16. J’adore cet article sur la communication non violente, si clair et si complet. Merci Myriam et Alexis de m’avoir enseigné la CNV que je fais appliquer également en famille et qui a permis de supprimer les conflits.
    Nous nous sommes tous mis au langage « Girafe » et c’est beaucoup mieux ainsi.

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