Comprendre la souffrance des ados

La souffrance des ados.

La souffrance des ados.On constate qu’il y a plus de jeunes qui ont des idées noires, mais moins qui passent à l’acte, et que par conséquent les campagnes de prévention et les numéros gratuits d’appel à l’aide participent à aider.

Il faut savoir qu’il n’y à pas de réponses toute faites, et que tous les adolescents ne souffrent pas, par contre, tous sont vulnérables. Le mot adolescent vient du latin « adolescere », qui signifie en latin « croitre, pousser ». L’adolescence est donc une période de changements, de mouvements, et comme toute périodes de changement, cela signifie que cette période demande des capacités adaptatives, plus que dans des périodes de vie ou l’on est dans un routine, et on l’on à atteint de la stabilité. Cependant, comme toute période de vulnérabilité, l’adolescence est aussi une période de créativité et de dynamique et pas uniquement de fragilité. Tout comme quand on rentre dans la vieillesse, obligatoirement il va falloir s’adapter, cependant toutes les personnes âgées ne sont pas fragiles.

On sait de manière très claire quand comment l’adolescence. L’adolescence commence au moment de la puberté, donc par un phénomène physiologique et hormonal, par contre on ne sait pas quand s’arrête l’adolescence. L’arrêt de l’adolescence est quelque liée à l’intimité de la personne, c’est quelque chose lié au ressenti particulier. A un moment l’adolescent sent qu’il est rentré dans le monde adulte, si on se réfère à la vieillesse, aussi appelé troisième âge, c’est le contraire : l’entrée dans la vieillesse est subjective et dépend de chaque individu, par contre, la vieillesse à un fin, qui est un phénomène physiologique, qui est la mort.

Voyons d’abord quels sont les enjeux de l’adolescence ?

La place centrale de l’adolescence est le corps qui est à la fois l’origine de la problématique, et la solution pour l’adolescent. En effet, après la puberté, le corps de l’enfant est apte à avoir des pulsions sexuelles, au moins symboliquement, la rencontre sexuelle devient possible. C’est cette rencontre possible qui installe la turbulence propre à l’adolescence. L’adolescent  va appartenir clairement à l’un des sexes, et prend en pleine figure ce qu’on appelle l’incomplétude : soit il pourra engendrer, soit procréer, mais il ne pourra pas faire les deux.

Les ados doivent aussi accepter leur transformation physique. Cette nouvelle apparence corporelle se fait dans le temps et dure sur plusieurs années. quand un ado se regarde dans une glace, ca ne sera pas tout à fait comme il s’est vu il y à 15 jours. Cette nouvelle apparence est décevante, et les premières imperfections physiques sont briseurs de rêves. L’enfant devenu ado, passe du : « quand je serais grand, je serais  ..», passe à « quand j’aurais fini de grandir, je ne pourrais pas être .. » Tel que le petit garçon qui voulait devenir pilote de chasse, mais qui doit porter des lunettes à l’adolescence, la petite fille qui une fois ado, prend du poids et dois abandonner sa carrière de danseuse classique, etc. Il va falloir faire face avec la réalité, ses transformations de la puberté viennent confronté la réalité de ce qu’on va être, avec ce qu’on aurait aimé être.  C’est une première déception, car les transformations physiques souvent déplaisent : l’acné, la forme des hanches et des seins, la hauteur de taille qui déplaisent. L’ado les subit, ce qui peut être exprimé dans une phrase qu’ils disent parfois : « je n’ai pas demandé à naitre, et encore moins comme vous m’avez fait. »

De même, La possible rencontre avec l’autre, qui sera susceptible de l’aimer soulève des questionnements tel que : « suis je aimable ? ». Pour rencontrer qqn, tout passe par le regard de l’autre, capter le regard de l’autre avec son corps, ce corps décevant, qui est en train de changer et que l’adolescent ne contrôle pas. Pour rencontrer quelqu’un il faut être le meilleur, mais un ado ressent qu’il vaut, ce que son corps montre. On comprend mieux pourquoi les adolescentes cherchent à contrôler leur corps, allant jusqu’à l’anorexie. Le sentiment de ne pas contrôler leur corps est angoissant.

Les adolescents ne sentent souvent incompris : « il ne m’à pas compris », « tu ne comprends rien ». Pour expliquer ce qu’ils aimeraient qu’on comprennent, il emploi un vocabulaire lié au corps et imagé : « ca me soule/gonfle/prend la tête /me gave», ou au travers de la plainte : « je suis fatiguée/j’ai mal à la tête/j’en ai plein le dos/je suis mal, etc. car ils leur ait difficile d’exprimer avec précision leur incompréhension, car pour mettre en mot, ces maux, il faut avoir une capacité réflexive. Les adolescents étant en mouvement, ils n’ont pas la capacité de prendre du recul pour exprimer clairement : « c’est compliqué d’être de rentrer dans la vie adulte et de quitter celle de l’enfance et comment je vais continuer à avancer. »

Un adolescent n’ayant encore rien construit, la seule chose qui lui appartient est son corps. Son corps est le garant de sa pérennité, et son identité va pouvoir s’incarner à travers son corps. D’ou le fait que les adolescents essaient de singulariser à travers leur corps, avec les marques de fringues pour afficher un marqueur d’identité, les piercings et les tatouages, pour lesquels ils ne faut pas s’inquiéter, à partir du moment, ou ils ne sont pas excessifs. Moins ca plait aux parents et plus ca peut renforcer son sentiment d’identité, car au moins, son corps il le possède et un adolescent n’à plus envie de séduire ses parents, comme le font les enfants, mais un autre adolescent.

Les scarifications sont courantes chez les adolescents, car leur souffrance est tellement diffuse que la scarification leur permet de savoir pourquoi ils ont mal, de localiser et concrétiser leur douleur, en sachant qu’au moins, cette douleur là il la maitrise et savent d’ou elles vient.

L’adolescence avant, et l’adolescence maintenant

Le roman de Tristan et Iseult, qui datent du 11 ème siècle, nous indique que les problèmes de l’adolescence ont toujours été les mêmes. Par contre le temps de l’adolescence était plus court avant, alors qu’à l’heure actuelle, c’est l’inverse, l’adolescence paraît interminable. Cela vient de la société et des adultes en charge d’éduquer les adolescents. Avant, l’adolescence était reconnue et canalisée afin qu’elle ne soit pas dangereuse, car les adolescents ont un pouvoir subversif important. Maintenant on constate une période d’expansion de l’adolescence de part les contraintes socio économiques : les cautions d’appartements sont de plus en plus chères et les études sont de plus en plus longues, d’où le phénomène des tangyus. De plus, les publicités affichées sur les murs et dans les magazines renvoient un culte du corps juvénile. Et les adolescents pour se construire, ayant besoin de se différencier de ses parents, regardent ses images. Ca pousse donc les adolescents à se voir. Ca entraine une interminable adolescence et un no futur. L’adolescence serait ce qu’il y a de mieux, alors que les adolescents sont mal dans leur peau.

Avant on était fils d’ouvrier, et on devenait ouvrier, ou on était fils de médecin et on devenait médecin. Maintenant on un peu plus à le choix, et un peu moins de fatalité sociale, je dit bien un peu moins. Ce choix fait que quand un adolescent n’arrive pas à s’élever, c’est qu’il en à pas la capacité, puisque les parents l’ont transmettent que tout est possible, ce qui est angoissant pour l’adolescent et le renvoie à : « qu’est ce que je vaux ? ». Ce qui rajoute des questionnements, l’adolescent étant déjà dans un questionnement sur sa propre valeur. Auparavant, les audacieux bravaient l’interdit en s’opposant. Quand on s’oppose c’est qu’on à une résistance, donc s’opposer est aussi s’appuyer sur. La société actuelle manque d’opposition, dans le sens ou les adultes disent que tout est permis et accessible comme travail futur. D’ou le fait que les jeunes ne s’engagent pas, car ils ont peur d’échouer. Nous savons nous en tant qu’adultes qu’un échec peut être transformer en bonne expérience, mais un adolescent ne vit pas de cette manière un échec, échouer se résume à être nuls.

De part les lois sur la contraception, les enfants ne sont maintenant plus subis, mais choisis, les enfants sont donc plus choyés et à qui ont va tout donner. Ce qui met des devoirs et un poids sur le dos de l’enfant et se renforce à l’adolescence. Les phrases peuvent être exprimées ou inconscientes « j’ai tout fait pour toi, donc tu as intérêt à réussir », « j’ai tout fait, donc tu vas me le rendre en terme de : tu vas me prouver que je suis un bon parent, car tu vas réussir ». Les ados ont alors le sentiment que si ils ne réussissent pas, ils sont décevants pour leurs parents. D’ou le fait qu’ils mettent plus de temps avant de s’engager dans une voix professionnalisante.

Avant les adultes poussaient les jeunes à partir, maintenant ils les sur protègent et leur font passer comme message inconscient qu’ils sont des êtres fragiles, et on les empêche de quitter le nid, en leur faisant passer qu’ils ont encore besoin de notre protection.

Enfin, la divulgation de la psychanalyse fait qu’il faut absolument parler, car la parole est thérapeutique, dire les choses et tout leur expliquer. Il est important de respecter l’intimité et le jardin secret de l’adolescent et du parent. Les parents actuels mêlent trop leur adolescent à leur vie en se livrant, leur expliquant tout, en disant tout, et se dévoilant. C’est perturbant et encombrant pour les adolescents et ca crée une confusion générationnelle.  Un adolescent à le droit de mentir par omission pour se construire et à se confier plutôt à des amis.

Quand apparait la souffrance chez les adolescents ?

La souffrance chez les adolescents apparaît quand le processus de l’adolescence a été enrayé. Les circonstances de la vie, tel qu’un deuil des parents, à un moment ou l’adolescent essaie de dé idéaliser ses parent, peut générer de la culpabilité chez l’adolescent. Le décès d’un ami peut aussi freiner l’évolution de l’adolescent qui peut penser que si il prend trop de risques, il peut mourir.

Ce qui peut freiner aussi l’évolution d’un enfant, c’est la réviviscence d’un traumatisme infantile, la pire étant la violence sexuelle et l’inceste, car l’adolescent pense qu’il doit devenir adulte mais qu’il ne peut pas avoir confiance dans les adultes, qu’un adulte n’est pas un être sécurisant mais dangereux.

Le troisième facteur qui peut enrayé l’adolescence et le « trop » ou le « pas assez ». Trop d’amour, de cocooning, d’attentions, ca peut inhiber l’adolescent qui ne saura pas faire pour savoir obtenir des gratifications de la part autres, puisque il n’aura jamais eu à le demander, et ne sait pas se gratifier lui même non plus.

A l’inverse, les carences affectives bloquent aussi le processus des adolescents, car ils ne se tournent pas vers l’avenir, mais restent dans une nostalgie de quelque chose qu’ils n’ont pas eu.

De même, la société consumériste fait que certaines personnes sont dans des comportements consuméristes pulsionnels et peuvent l’être envers leurs adolescents. Quand on fait un cadeau à un adolescent, il est important de le faire pour lui, et pas pour se gratifier. En faisant un cadeau qui plait avant tout à l’adolescent, ca lui montre qu’on les comprend à partir du moment ou le cadeau est un désir raisonnable et non pas un achat affectif.

Pour conclure

Ils ne faut pas assimiler « troubles du comportements » à « souffrance », puisque l’adolescent parle avec son corps, comme nous l’avons vu plus haut. Dans le doute, il ne faut pas hésiter à consulter un psy, c’est le travail du psy ou du thérapeute que d’évaluer ce qui fait parti de la souffrance ou la manifestation de la vie, tel qu’un chagrin d’amour, ou des manifestations d’opposition, qui sont normaux. Ce sur quoi nous avons le plus souvent à intervenir, et le fait que les adolescents sont moins confrontés aux interdits mais plus à l’impossible, de par les circonstances économiques de la vie. Cela entraine une génération d’adolescents qui sont dans la désespérance. Parmi les autres souffrances de l’adolescent, on peut parler des bizutages et du harcèlement à l’école et sur le net, ce qui fera l’objet d’autres articles. On peut aussi en conclusion se demander quand n’est t’on plus adolescent. Etre adulte, c’est dans le pardon, et être dans l’amour de l’autre, sans attendre quoi que ce soit de l’autre qui viendrait nous compléter. On peut se demander combien d’entre nous sommes encore des adolescents ?

One Comment on “Comprendre la souffrance des ados”

  1. Très bon article sur la souffrances des ados, facilement compréhensible donc à la portée de tous . Merci

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