L’alcool, un fléau sous estimé

se sevrer de l'alcool

se sevrer de l'alcool

L’alcool est la première drogue en France. C’est une drogue aux conséquences sociales, sanitaires et médicales graves. Il est temps de cesser de penser que l’alcool n’est pas une dépendance ou que l’alcool à moins d’importance que les autres dépendances, puisque comme toute dépendance, celle à l’alcool n’est pas facile à combattre, même si l’on peut déplorer une banalisation de sa consommation. Comme pour toutes les dépendances, nous ne sommes pas tous égaux vis à vis de l’alcool. Certaines personnes pourront boire en société et n’y auront pas recours dans un moment de détresse. Alors que d’autres, s’en serviront pour affronter une situation difficile, pour s’endormir, pour se détendre de situations stressantes. Parmi les répercussions directes et indirectes sur la vie de chaque personne touchée, on constate surtout une honte et une mauvaise estime de soi.

Les chiffres liés à l’alcool

Selon les recherches du service de bio-statistique et d’épidémiologie de l’Institut Gustave-Roussy à Villejuif en Ile de France, l’alcool est responsable de 36.500 décès chez l’homme, ce qui représente 13% de la mortalité totale masculine, et de 12.500 décès chez la femme, soit 5% de la mortalité totale. L’alcool est donc une cause conséquente de mortalité prématurée, car dans 40% des cas, le décès du patient survient avant l’âge de 65 ans, et que l’alcool est responsable de 22% des décès entre 15 et 34 ans, de 18% des décès entre 35 et 64 ans et 7% des décès à partir de 65 ans. Les décès attribuables à l’alcool sont surtout des cancers (15.000 décès) et des maladies cardio-vasculaires (12.000 décès). A à ses statistiques dramatiques, on peut ajouter 8000 morts dues à des maladies digestives comme la cirrhose et autant, dues à des accidents ou des suicides.

Un verre de bière contient en moyenne 5% de volume d’alcool.
Un verre de vin contient en moyenne 12% de volume d’alcool.
Un verre de whisky contient en moyenne 35% à 40 % de vol. d’alcool
Il en va de même pour les spiritueux, tels que le cognac, la vodka, le rhum, la tequila etc… 

L’alcool contient une substance additive

L’alcool va directement du tube digestif aux vaisseaux sanguins en quelques minutes et le sang le transporte alors dans notre organisme et surtout dans notre cerveau. L’alcool est une substance « psycho active », c’est-à-dire qu’il agit sur notre cerveau et module notre système neuronal. Il modifie notre conscience, notre perception des évènements, et notre comportement.

Une hormone est principalement responsable de la gestion des informations dans notre cerveau. C’est la dopamine. La dopamine contrôle les informations qui arrivent dans notre cerveau, elle est responsable de la volonté, de l’excitation, du désir. La dopamine active nos circuits neuronaux agit sur le déclenchement ce que l’on appelle « le circuit de la récompense ». Elle est donc un moteur puissant qui nous rend heureux et confiants. Sous l’effet de l’alcool, notre cerveau libère de la dopamine, qui activer le « circuit de la récompense ». Plus la quantité de dopamine se libère dans notre corps, plus nous allons éprouver et ressentir du plaisir, mais également de la dépendance, si l’on est en situation de stress qui nécessite d’avoir recours à une substance pour se détendre.

Comment reconnaitre une dépendance à l’alcool ?

Sous l’emprise de l’alcool, la dopamine est décuplée dans notre cerveau, et désactive le circuit des neurones dont la fonction est l’anticipation. L’alcool augmente la confiance en soit, l’audace, inhibe les angoisses, et les doutes, et aide à l’endormissement, on comprend donc pourquoi on peut y avoir recours pour sa rassurer ou se stimuler.

On reconnaît une dépendance à l’alcool, lorsque celle-ci, comme tout autre dépendance, devient un besoin quotidien, et que la personne boit, non plus uniquement en société mais seule. On reconnaît une dépendance lorsque le cercle vicieux se mettre en place : comme toute forme d’addiction, notre cerveau programme un manque pour la substance additive, d’une part un manque physiologique et d’autre part, un manque psychologique. A tel point que le besoin de boire devient obsessionnel. Et plus la substance additive est consommée de façon régulière, plus le corps en a besoin, et le mental aussi, et ainsi de suite, d’où l’augmentation de la consommation d’alcool, car la durée des effets positifs diminuent progressivement dans le cerveau au fur et à mesure des prises. Il faudra consommer de plus en plus pour avoir les mêmes effets euphorisants ressentis au départ de cette addiction. La personne peut alors tomber dans le piège de la dépendance allant jusqu’à se perdre complètement dans l’alcool.

Outre la dépendance, les autres dangers de l’alcool sont le manque de lucidité qui peut mettre la vie de la personne alcoolisée en danger, mais aussi celle des autres, au volant par exemple, certaines personnes sous l’emprise de l’alcool deviennent violentes, soit pour elle même, soit pour les autres, d’autres relèvent des défis stupides et dangereux, pour prouver à leur entourage qu’elles sont capables.

Comment se sevrer d’une dépendance à l’alcool ?

Se sevrer n’est pas facile mais possible. C’est pourquoi il est conseiller de se faire aider et accompagner dans un processus de manque, d’un part car cela est rassurant et encourageant et d’autre part, car cela permet d’éviter les phénomènes de récidive. Et surtout, car toute forme de dépendance entraine une mauvaise estime de soi. C’est pourquoi, la première à faire en thérapie avec un patient dépendant et l’aider à retrouver son estime de lui même et sa confiance en lui. La deuxième étape sera l’encourager à chacune de ses victoires, infimes soient elles pour lui, elles sont symboliques, et le soutenir lors des rechutes éventuelles. L’impartialité est requise : chacun compose avec ses angoisses comme il le peut.

Un sevrage à l’alcool en thérapie peut s’accompagner d’une aide médicamenteuse, laquelle pourra diminuer les symptômes de manque, notamment les symptômes physiques, ainsi que l’anxiété. Les thérapies comportementales et cognitives ainsi que l’hypnose peuvent aider au sevrage de l’alcool.

5 Comments on “L’alcool, un fléau sous estimé”

  1. il est clair que l’alcool est un fléau mais malheureusement en france on est trés hypocrite sur ce sujet… la personne qui boit est donc trés seule et se faire accompagner dans cette situation est indispensable ! Apprendre à se faire du bien est un vrai chemin qui ne passe pas par l’alcool refuge et à deux c’est plus facile et du coup atteignable ! Merci pour cet article, ce regard et cette attention !

  2. En tant que thérapeute et ayant malheureusement j’ai vu ce fléau pendant des années détruire des vies des gens qui souffrent de cette maladie, l’alcoolisme; je travaille aussi avec les familles des dépendants qui sont énormément affectées. C’est un chemin difficile vers la récupération, (ce qu’on appelle en anglais « recovery process’), et malheureusement, chez nous, en France il y a toujours autant des préjugés, très peu de groupe de soutient et d’information concrète, pratique. Je suis heureuse de voir quand même que de plus en plus de professionnels compétents, comme toi, Myriam savent bien transmettre les informations au grand publique, à ceux qui ont besoin d’aide, mais aussi à nous, les thérapeutes. C’est un échange essentiel pour avancer, pour aider les gens à comprendre qu’on peut trouver des solutions, les aider à améliorer ou à éliminer la souffrance avant de toucher le fond, d’arriver au point limite, avant de tout perdre (santé, famille, travail etc). Un grand merci encore pour cet article!

  3. Je suis stupéfait par les chiffres concernant l’alcool, dont vous nous faites part dans cet article qui montre qu’il faut être très précautionneux avec les patients dépendants, qui doivent non seulement faire intervenir la médecine, pour le sevrage, et d’autre part aller au contact de la mauvaise estime qu’il, ou elle, a de lui ou d’elle, par le biais de la thérapie ainsi que de l’hypnose.
    Merci pour cet article Myriam ROURE.

  4. merci pour cet article sur l’alcool, tout à fait édifiant ! il est vrai qu’on obtient de bons résultat sur les addictions avec les TCC dont fait partie l’hypnose.

  5. L’alcool est une drogue socialement accepté en France. C’est une triste réalité

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